Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 00:36

 

 « En naissant, un homme tombe dans un rêve comme on tombe à la mer.

S’il veut se débattre pour en sortir,

comme le font les gens sans expérience, il se noie…

Non, je vous le dis, ce qu’il faut, c’est s’abandonner à l’élément destructeur,

et s’arranger, à force d’efforts des mains et des pieds dans l’eau,

pour que la mer profonde, profonde vous soutienne.

Voilà, si vous me le demandez, comment on peut arriver à « être ». »

 

« Voilà le secret… Suivre son rêve et suivre son rêve encore…

et ainsi… ewig… jusque ad finem… »

 

 

 

Joseph Conrad, « Lord Jim »

 

 

 

 

 

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il est des seuils infranchissables

     insonores 

 

 

si hauts

franchis trop tard __

fuits si tôt __

 

    

     laisse-leur

le temps de s’emplir de ce que tu

     veux y voir

 

 

accours sur le quai

bondé le bateau lève l’ancre

 

 

tu cherches la silhouette de ton rêve

sur le pont nouveau __ réceptionne

     son sillage

 

 

hume-le __

 

    

     le rêve

qui te devient

a le parfum

     du seuil

     de la rive

et  

     du départ

 

 

 

Photo : Hyppolite Flandrin,

jeune homme nu assis au bord de la mer
étude, huile sur toile, 1836 , Paris, musée du Louvre

 

 

 

 

 

 

 

 

Par http:/allerauxessentiels.com/ - Publié dans : Nouveaux temps
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 00:22

 

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Cela ne fait qu’un

an…

 

Alors...

 

Le temps…

 

 

Qui est-il, ce temps,

corps sans désir

informe pantin sans pensée

actionné par des fils cassés

dans le creux où

toi tu tais combien tu es

 

 

mortelle.

 

 

Mais toi, Vivante, tu

vibres pleures, et sais

ton possible mourir à chaque

sonorité cardiaque,

ta douleur, ta joie à marcher depuis

l’inconsistance jusqu’à la terre réelle

par le ponton forgé des feux intimes.

 

 

 

 

J’ai manqué ton cœur.

 

 

 

 

 

 

Le temps s’allonge pour rien,

vernis insensible stérile

dans lequel s’enfoncent les ongles

des passe-temps

Entre eux, tu veilles,

et tente de rester

malléable au

manque.

 

 

 

 

Tout ce qui ennuie est dévasté

mains tenantes

L’esprit est aux embrassades

des genres, de l’envers de la

langue

de l’air pur,

senteur vive

émanation

des couches de fleurs sur les

vents de paniques

et nauséabonderies

 

 

 

 

 

   Que peut

 

le regard clair

    sans peur

    contre

    tout contre

le regard boisé

qui a son enclos.

 

 

 

 

 

 

 

 


Par http:/allerauxessentiels.com/ - Publié dans : Nouveaux temps
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 23:49

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Urgence oblige, urgence...

nous parlons d'Angye Gaona, jeune poète colombienne,

dont l' énergie créatrice dérange le pouvoir

en place dans son pays.

 

Je vous fais partager l'un de ses poèmes,

qui me touche de par sa quête contenue,

poème publié page 47 de la très belle revue

de poésie  La Voix des Autres ( mars 2012 ),

dont vous trouverez lien au bas du billet,

ainsi que d'autres liens sur ces heures

graves que traverse Angye.

 


 

 

 

 

 

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Evolution

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette langue que je parle,

qui suis-je ?

qui est ma mère ?

 

 

La mère croît dans mon utérus,

cherche mon giron ;

c’est elle-même qui nourrit mon rêve.

 

 

Prends soin de ce rêve ventre éternel.

Je rêve une langue vivante qui parle du ciel

dans laquelle je puisse te dire :

mère.

 

 

Je te nomme maintenant

dans ma langue maternelle.

Je suis ton écriture,

verbe de ta douleur.

 

 

Je t’entends,

tu palpites.

Voilà ta langue première.

 

 

Avec mon silence

je t’emplis au point de t’élargir.

Tu te fais transparente,

tu cries quand tu laisses passer la lumière.

 

 

Je te vois,

resplendissante et possédée.

 

 

Donne-moi, mère, un mot

Que je ne comprenne pas

 

 

 

 

 

 

 

Angye Gaona.

Traduction de Pedro Vianna.

 

 

 

 

 

 

 

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Pour commander la revue :

 

voixdesautres@wanadoo.fr

 

lavoixdesautres@gmail.com

 

ou via le site :

 

 Danger Poésie, blog d'André Chenet

 

 

Informations sur Angye GAONA et

sur ce qu'il peut être fait en faveur de sa liberté :

 

Poésie et journalisme, blog de Cristina Castello

 

Angye Gaona ou la liberté à tires-d'ailes

 

Nacimiento volàtil, le blog d'Angye Gaona

 


 

Remerciements infinis pour

André Chenet et  pour  Cristina Castello,

poètes,

pour la force de leur travail de soutien à cette artiste.

 

 

 

 

Photos :

Vierge à l'enfant, une statue à La Flatière,

détail retravaillé.

Peinture de G. Morandi

 

Par http:/allerauxessentiels.com/ - Publié dans : L'apéritif poétique
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 23:48

 

  morandi

 

 

 

 

 

 

 

 

   De temps à autre, le dimanche soir, à l’apéritif de peu importe l’heure, j’invite mes amis artistes dans un billet doux…on fait les bons vivants, on écoute de la musique, on parle politique, on défie l’amour et l’amitié de nous armer jusqu’au cœur pour survivre encore et encore dans la lie du monde noir et absurde qui nous entoure, on lit des poèmes d’entre nous.

   On est ensemble. C’est un bonheur.

 

 

***

 

 

 

   Ce soir, je vous lis deux poèmes d’une amie qui m’est chère, elle s’appelle

   Françoise RUBAN, moi, je l’appelle Francy….

    Dans Françoise, il y a la franchise de Fran… Je la sais diaphane et blanche comme l’eau des cascades.

   Il y a çoi comme la soie, la douceur, desquelles elle tisse ses mots, enrobant les douleurs de l’existence, mots qu’elle partage si joyeusement avec ses amis.

   Dans Ru, il y a tous les démunis dont le ru isseau de lassitude abreuve sa générosité ; dans ban, l’envie de s’asseoir, de chavirer la tête en arrière, de regarder l’oiseau, épousant son vol, à lui, l’élu qui a le recul céleste.

   Cette tendre réserve, je la retrouve dans le regard qu’elle porte aux choses et alentours dont elle pénètre l'aura subtilement. Elle écrit, on la sent contemplative, soudain la lucidité s’empare d’elle : de son coeur crucifié, elle dégaine l’épée de la Justice.

   Sur cet embarcadère ascétique auquel la vie cruelle l’a agriffée, elle nous offre une voix nimbée de simplicité, un enrouement de sanglots retenus dans la pudeur, et nous conte comme, peu à peu, des paupières closes par l’amertume peuvent à nouveau contempler la beauté de la vie, et comme les mains se défont de leurs chaines par la grâce entre aperçue.

 

 

 

***

 

 

 

   J’accorde, à la suite, l’écho d’une mélodie de Satie, qu’elle aime, comme un remerciement….

 

 

 

***

 

 

 

Ton empreinte

 

 

 

Quelques pas dans le jardin ont suffi

Mon regard s'attarde

Sur des roses oubliées abandonnées

Les arbres nus dépouillés élancent vers le ciel blanc

leurs ramures décharnées

De rares feuilles s'agitent sous le souffle léger

 

Mon coeur s'envole s'envole...

 

C'était un soir d'été

Autour de la table de pierre

Tes cheveux bouclés tes yeux clairs au sourire malicieux

Nous étions tous réunis le vin un nectar

qui faisait pétiller les yeux et les paroles

La pénombre nous enveloppait à la lueur vacillante de la flamme

aux senteurs de citronnelle

Les îlots odorants et fluorescents de l'onagre

-nous l'appelions belle de nuit -

Les rires les paroles éclaboussaient le silence

Nous inventions des utopies

et refaisions le monde...

 

Solitaire ce matin j'interroge le ciel laiteux

Impassible et sourd

Et comme chaque jour depuis trois longues années

Je me plais à rêver

Et si tout là-haut dans cette immensité infiniment mystérieuse

Un petit prince

Aux yeux rieurs

Aux boucles blondes

Guettait mes promenades matinales...

 

 

Par une nuit claire

Scrutant la voûte étoilée

Percevrai-je moi aussi le rire cristallin d'une étoile

Mon Etoile

la plus lumineuse de toutes.

 

 

 

 

 

Françoise Ruban

jeudi 19 janvier 2012

(Copyright numéro 00051139-1) 

 

 

 

***

 

 

 

Eros et Thanatos *

 

·

Une dalle de granit

Sur laquelle j'aime me reposer

Quelques plantes déposées par l'Amour

Pour l'immortalité de ton séjour

Pour que tu n'oublies pas

Notre jardin sauvage véritable labyrinthe où tu te promenais

Absorbé et pensif

Une flore à la main

En quête à cet instant de ta vie

Du mystère des fleurs

 

Mes yeux s'enfuient au loin dans un brouillard profond

Et soudain se dessinent

Ton regard clair

Tes cheveux bouclés

Ton sourire tendre et malicieux

Dis-moi est-ce Toi

Qui m'envoies

Cette énergie de Vie

Ces désirs nouveaux

Ces mots qui s'échappent presque incontrôlés de mon âme

Comme une flamme qui jamais ne me brûle

Mais n'en finit pas de danser

Au rythme du piano retrouvé

Au rythme des marées

Au rythme des mots des mots qui jaillissent

Et se posent ici

A l'orée de mes nuits étoilées

 

La rumeur océane toute proche

Berce ton sommeil

Sur le sable mouillé tes traces embrassent mes pas

Ta Voix murmure et...

Un matin de novembre une autre Voix s'est mêlée

A ta Voix

 

Dis-moi est-ce Toi

Qui m'envoies cette lueur d'espoir

Ces frissons ces désirs qui m'envahissent

Chaque soir

Douceur d'un Amour qui jamais encore

Ne s'était révélé

Ou j'avais oublié

Ou je le refusais...

Antigone la rebelle avait renoncé

Devant la loi des Hommes

Elle avait abdiqué

Elle s'était recroquevillée

Créon trois fois vainqueur souriait de la voir pleurer

 

Une dalle de granit

Sur laquelle j'aime me reposer

Et bavarder avec Toi

 

 

 

 

 

Françoise Ruban 

le 28 mars 2012

(Copyright numéro 00051139-1)

 

 

 

 

 

 

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Giorgio Morandi, Natura Morta (Still Life),

1954,oil on canvas, 40 x 46 cm.

 

Giorgio Morandi, Bottiglie e fruttiera, 1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par http:/allerauxessentiels.com/ - Publié dans : L'apéritif poétique
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 00:00

 

 

 

 

 

 

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***

 

Lumière ombragée

sous les pans d'une valse de vent

 

Un rien l'abîme

 

Alors j'absente le temps

 

Comme hier où je dessinais,

ton visage lové contre mon épaule

 

L'amour en amont des mots

dont il n'a pas besoin

chante dans l'instant

 

 

 

***

 

Sur la pointe de la brume

les pas bleuissent

le labyrinthe habituel

 

L'orgueil,

l'ennui, sifflent l'air de rien

 

Les yeux affûtent les oiseaux fusées

striant le ciel argenté

A leur vol 

s'arrime le sourire

 

 

***

 

Bris de silhouette

dans les filets rouges du secret

 Répondre à la question muette

du songe éveillé des nues

 

Oui au corps perdu

Oui à bras le corps

Ou plutôt non au feu

 

Les haies de cerisiers savent répandre leurs parfums

Je n'ai besoin d'aucune réponse

 

 

***

 

Sous la lumière ombragée

par la sève 

s'élève se décline

un amour sous les pans

d'une valse de vent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte et dessin Martine Cros

 



 


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Pas à Pas/Je suis

en poésie...

 11 07 2011 014-3

 

Martine Cros

Poète,   peintre,

habite ce modeste

atelier d'écriture

au fil des

jours qui tremblent

 

 

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